surlechemindelecoleC’était une promesse de campagne du candidat Hollande, qui devenu président de la République a rappelé cet objectif à l’occasion de son discours de clôture des assises pour la rénovation de l’Ecole, le 9 octobre 2012.

Elle fait aujourd’hui l’objet d’un projet de décret relatif à l’aménagement du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires, en lien avec le prochain projet de loi de programmation de réforme de l’Ecole, présenté en Conseil des ministres, le 23 janvier 2013.

Ce dispositif, le retour à la semaine de 4,5 jours d’école dès la rentrée 2013, mettant fin à la semaine de 4 jours, adoptée depuis la rentrée 2008 par la quasi-totalité des conseils d’écoles (95%). La durée de l’enseignement reste la même, mais on rajoute 1/2 journée tout en arrêtant les cours à 15h45. Les enfants restent toutefois dans les écoles jusqu’à 16h30, 45 minutes étant consacrées à un temps pour l’enfant.

Les 45 mn en moins peuvent être travaillées si elles sont prises en charge par les municipalités, qui se verront remettre une indemnité de 50€ par enfant si la réforme est appliquée dès 2013.

L’UDI s’oppose à ce dispositif car les annonces de la réforme des rythmes scolaires par le Ministre de l’Education nationale ont été effectuées dès sa nomination, sans concertation avec le Premier ministre.

Le point de vue de plusieurs partenaires n’a pas entendu :

  • 8 janvier : refus du projet de décret du Conseil supérieur de l’Education (CES)
  • 11 janvier : rejet par le comité technique ministériel, où siègent les organisations syndicales et les représentants du ministère. Le texte n’a recueilli aucune voix, les syndicats contestant la méthodologie choisie pour déterminer l’organisation du temps scolaire et le « manque de visibilité » sur les conditions de travail et de rémunération des enseignants.
  • Mécontentement de l’Association des Maires de France (AMF), qui a obtenu le report de l’examen du décret sur les rythmes scolaires par une commission consultative, en raison du « coût de la mise en oeuvre de la réforme » pour les communes, selon un communiqué de l’AMF.
  • 23 janvier : manifestation nationale

L’éducation doit être la priorité de nos actions et ne doit pas faire l’objet de propositions dogmatiques. Les responsables et élus UDI sont favorables à une véritable réflexion de fonds sur les rythmes scolaires qui intègre :

  • Le respect du rythme chrono biologique des enfants tel que défini par les spécialistes comme le professeur Montagnier
  • La question des rythmes scolaires doit être partagée par tous et donner lieu à une véritable réflexion collective des enseignants, des parents, des associations, des partenaires institutionnels
  • Si l’enjeu et l’objectif de la réforme sont essentiels, les moyens pour y parvenir ne sont pas conformes aux besoins des enfants
  • Il faut replacer l’enfant, l’éducation et l’enseignement au cœur du projet
  • En période de crise, les communes ne peuvent supporter des transferts de charges sans compensation et ne peuvent reporter ce surcoût sur les parents
  • Le projet est inachevé et ne définit pas les contenus des 45 mn par jour
  • Les communes risquent d’avoir un problème d’encadrement si les enseignants ne veulent pas assurer ces 45 minutes supplémentaires

Cette réforme des rythmes scolaires partait d’un constat consensuel : la précédente réforme Darcos de 2008, qui avait instauré la semaine de 4 jours, a abouti à des journées unanimement considérées aujourd’hui comme trop lourdes pour les enfants.

Le Gouvernement annonce un grand projet constitutionnel de démocratie sociale, évoque depuis longtemps la réforme des rythmes scolaires et pourtant on a une impression de précipitation. La raison est simple. Les intéressés – collectivités, parents d’élèves, monde de l’enseignement – n’ont pas été sérieusement consultés.

Le financement de ce dispositif n’a pas été évalué, ce qui pose un problème majeur aux municipalités. Il manque un cap et une ambition…